“Dis maman, si on ne protège pas la planète, est-ce qu’elle va être morte?”
Ainsi parlait Joseph, mon fils d’à peine 4 ans par un beau matin de mai.
En tout premier lieu, je lui ai répondu : “oui, Joseph et c’est bien pour cela qu’il faut faire attention à elle, pour la préserver”.
Puis plus tard dans la journée, je me suis posée tranquillement dans mon canapé et me suis mise en mode “carrousel”.
Pour ceux et celles qui ne savent pas de quoi je parle, le carrousel est le projecteur de diapositives commercialisé par Kodak dans les années 1960.
Grâce à cette machine à remonter le temps, voyager dans notre histoire personnelle nous était alors offert sur un plateau d’argent et nombreuses furent les familles qui s’en dotèrent alors.
Ainsi, les yeux fermés, en mode “carrousel”, j’ai vu ma vie de petite fille défiler et moi, à 4 ans, ça donnait :
En gros, j’étais simplement une baby glorieuse*, une enfant sage qui regardait le monde de sa propre fenêtre sans aucune espèce d’aspérité.
Pour me défendre, je dois dire que la télévision venait à peine d’envahir nos foyers (je suis née fin 1968) et que les images diffusées étaient alors triées sur le volet.
Aujourd’hui, nos chérubins apprennent, ce dès la maternelle à conserver, protéger, trier…
Ainsi livres, stickers, calendriers les aident dans leur apprentissage….
L’ensemble de ces accompagnateurs d’éducation se concentrant par ailleurs sur un seul et unique objectif : donner à nos petits les clés d’une vie ouverte à autrui et nettement plus éco-responsable que celles de leurs parents.
Bien sûr, à force de transmettre à Joseph une éducation qui ne m’est pas innée, voire à peine acquise, je commence à gagner certaines bases “I believe in Earth”.
Mais fondamentalement, mon rêve est simple : si je pouvais ajouter des photos à mon carrousel, à coup sur j’ajouterai celles qui nous relient inéluctablement à la planète toute entière.
Pour que mon attitude éco-responsable me devienne aussi évidente que le fait de me laver les dents deux à trois fois par jour.
Pour que le sort de Gaston et de ses castaneros me paraisse aussi important que celui de ma voisine.
Pour que mes actions citoyennes s’empressent de “revêtir un habit plus écologique”.
C’est simple comme rêve non?
Et pourtant, combien d’entre nous arrivent à le concrétiser aussi simplement que le fait de boire un verre d’eau?
Ca, je n’en sais rien…
*Baby glorieuse : enfant née dans les “golden years” de la consommation facile et plastique (invention de la rédactrice).
Crédit photo @ The Body Shop.
Pour celles qui aiment la série Mad Men, voici un extrait de l’épisode 1.13 : Carrousel.
Remerciement tout spécial à Joseph qui m’a inspiré cette chronique.
@ Cath : j’avoue que l’idée des photos de travers, c’est pas mal du tout !
Ca remet les idées au clair
Et je suis entièrement d’accord avec toi sur deux points.
Même s’il est peu probable que nous nous rendions en Arctique, nous devrions nous en soucier car le monde doit continuer de bien tourner.
C’est un peu comme lorsque l’on quitte une maison que l’on a loué pour les vacances.
Nous devons la laisser comme nous l’avons trouvé, c’est à dire propre.
Pour le monde c’est la même chose.
Pour l’empathie, je suis vraiment d’accord avec toi aussi.
Un troisième point est qu’il faut faire l’effort de se rééduquer, tout doucement mais surement.
Pour ce qui est de René Dumont, je te remercie de nous en parler car je ne le connaissais pas.
Quant à l’ambiance qui régnait lorsque nous sommes nées, il est vrai que nous étions juste au sortir de la guerre. Depuis, fort heureusement, nous nous éloignons de ce trauma.
@ Nino 19 : oui, c’est vrai, nos petits nous montrent le chemin et cela me réjouit car ainsi, avec cette nouvelle génération qui s’instruit, je me dis qu’il y a espoir.
J’ai tourné l’ordi et me suis suspendue au plafond afin d’admirer les photos
Ditto Baby Glorieuse ! Nos parents et nos profs, à part celui que nous avait demandé de lire René Dumont dès les années 70, n’avaient aucune idée de rien. La deuxième guerre était encore dans les mémoires, ainsi que les restrictions. L’économie était en plein boom et les lendemains chantaient à tue-tête : “toujours plus !” Le chemin parcouru ces quelques dernières années avec une accélération exponentielle est sans précédent.
Mais c’est une bataille de chaque jour. En actions et en conscience. Au plan individuel et au plan collectif. Je frémis en songeant aux plans d’exploitation pétrolière en Arctique… et à tout le reste… Même si je n’irais jamais en Arctique et que finalement, au quotidien, “ça ne change rien pour moi”, cela change tout en fait ! Car je ne suis pas seule au monde et il continuera après ma disparition.
Alors, le premier geste écolo ne serait-il pas de cultiver son empathie pour l’autre, quel que soit sa nature ?
Pour info : René Dumont > http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Dumont, qui dès les années 30 soutenait les thèses relatives :
* au contrôle démographique ;
* aux économies d’énergie ;
* à la coopération internationale envers les pays en voie de développement ;
* à la protection et la remédiation des sols.
!!!
Très beau ton article. Je rêve d’un monde comme ça…
Ma petite Marina a fait toute une année “écologie”, en ce1. les enfants ont appris énormément de choses intéressantes. la chanson de leur fête de fin d’année était la superbe chanson de Yannick Noah “aux arbres citoyens”, une chanson qui résume tout finalement….a la maison nous trions beaucoup, nous éteignons la télé complètement, nous avons des économiseurs d’eau, etc….cela est bon pour la planète et aussi bon pour notre budget. j’ai beaucoup sensibilisé Marina. Crois moi, lorsqu’elle voit quelqu’un qui jette un chewing gum dans la rue, elle me regarde et je comprends vite qu’elle prend très mal la chose….a l’âge que nous avons, toi et moi, sommes du même âge, étant enfant aucune sensibilisation, heureusement on se rattrape avec nos petits!!!!!!
Quelques photos prises dans la chambre de Joseph.
Son calendrier “pour la planète”.

Et ses livres.

Désolé mais je n’arrive pas à mettre les photos à l’endroit