La Beauté est un Mode de Vie

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Qui est Gaston Vizcarra ?


Lorsque l’occasion m’est donnée de rencontrer des hommes tels que Gaston, cette question revient malgré moi : est-il le pionnier d’une nouvelle ère ou, au contraire, l’un des derniers mohicans d’un monde en voie de disparition ?


Nous nous sourions, sachant l’un et l’autre que cette question, non formulée, restera en suspens.

Gaston Vizcarra n’a pas de réponse définitive, mais s’en soucie peu finalement.


Il n’a pas le temps, il est dans l’action. Il songe qu’il ne doit pas être le seul dans son genre… Et puis, les temps changent, n’est-ce pas ?



Dans nos écoles, il parait que les enfants apprennent à avoir un autre regard sur notre environnement et notre communauté humaine.

Bien différent que nos tardives et brouillonnes prises de conscience.

Ils nous donnent même des leçons, très gentiment. L’air de penser « pfff… ces adultes, faut tout leur dire ! ».


Ce regard d’enfant, fait de curiosité et d’obstination, Gaston le porte sur 60 années de vie, jalonnées de rencontres.


Les femmes comptent beaucoup.


Guadalupe, « Lupe », son épouse rencontrée en 1987, qui est sa source de force et d’inspiration.


C’est l’une de ces femmes généreuses en tout, issue d’une famille nombreuse venue des hauts plateaux du Pérou où la terre est rêche et la vie pareillement.

Gaston me glisse qu’elle « a arraché les diplômes à la force du poignée. Mais elle a un si merveilleux sourire… »

Bref, un homme ébloui comme au premier jour.


La seconde grande rencontre féminine de la vie de Gaston, c’est Anita Roddick.


Dès les années 80, Gaston propose à The Body Shop son huile de noix d’Amazonie.

La toute première fois, il a mis sur leur table une vieille bouteille de Coca en plastique pleine d’huile.

Stupeur du staff.

Gaston s’en souvient encore entre rire et émotion.


La collaboration a commencé petit à petit.

The Body Shop s’est considérablement investi auprès de Candela Peru, établissant une relation de partenariat équitable, certes, mais surtout durable.


Une anecdote que Gaston aime à rappeler : un jour, il attend son avion à l’aéroport de Londres.

Il lève le nez et voit passer… Anita Roddick en personne !

Intimidé, il s’avance vers elle pour se présenter.

Anita fait fondre son embarras d’un éclat de ce grand sourire qui n’appartient qu’à elle, et les voici échangeant avec bonne humeur sur tous ces sujets qu’ils ont en commun, autour du bien-être et du bon-être…


La vie de Gaston Vizcarra et des 200 familles de « Casteneros » regroupés au sein de Candela Peru, acronyme pour « Commerce alternatif et développement pour l’Amérique Latine, Pérou », tourne autour de la Noix du Brésil et de ses incroyables bienfaits.















D’ailleurs, Gaston aime à rappeler que son appellation exacte est « Noix d’Amazonie » puisqu’elle se récolte au cœur de la forêt primaire amazonienne, dans une zone appelée Madre de Dios, grande comme la Suisse, sans tenir compte des moindres frontières.


Elle est attachante, cette noix.

Un peu grotesque et ridicule d’aspect, elle pousse dans un arbre immense, qui aime à chatouiller le ciel du haut de ses 50 mètres, et qui existe uniquement à l’état sauvage.
















Comme l’arbre à Karité qu’il est impossible de cultiver.


Deux tous petits animaux étranges et endémiques sont les auxiliaires de ce géant plusieurs fois centenaire : l’Abeille « Euglosine », armée d’une sorte de trompe propre à polliniser les fleurs si particulières de cet arbre et l’Agouti, sorte de rat aux longues pattes, qui ramasse les noix tombées, creuse des trous pour les stocker et les oublie aussitôt enterrées. Avec un peu de chance, hop, voici un nouvel arbre qui pousse ses ramures….


Gaston se soucie du bien-être et de l’avenir des deux cent familles de « Castaneros », tout comme celui des abeilles Euglossines.

Il avoue que ça commence à faire du monde !
















Justement, les « Castaneros », parlons-en.


Ce sont des familles pauvres qui se sont installées dans la région suite au boum sur le caoutchouc ou qui descendent des paysans des plateaux.


Chaque famille a reçu une concession de l’état péruvien pour exploiter un morceau de forêt.

Cette exploitation consiste principalement à collecter les cosses tombées.


Ce sont les hommes qui s’en chargent.

Ils partent en groupe et campent jusqu’à deux mois en forêt pour collecter les noix, très lourdes, avant de les ramener aux villages.


Là, les femmes prennent le relais, brisent les cosses, libèrent les noix qui sont ensuite mises à sécher, puis fumées, craquées de nouveau et remises à sécher.

Enfin, les noix entament un dernier périple de 5 jours à travers les Andes jusqu’à Lima, où elles vont alors être pressées pour leur huile (1 kilo de noix = 48% d’huile !).


Avant de faire le grand saut et d’arriver en Grande Bretagne, au sein du laboratoire de The Body Shop.


Les « Castaneros » ont pour objectif de donner une vie meilleure à leurs enfants.

Mais ces derniers aspirent à quitter la forêt et, bien sûr, Gaston s’interroge sur la relève.


Puis, il y a la pression politique.


La forêt est une mine d’or qui attise les appétits.


Le fleuve Amazone est convoité également avec des projets de méga-barrages « La forêt d’Amazonie a besoin de tous ses alliés », me dit-il.


« Certes, les médias en parlent régulièrement, mais seule une prise de conscience collective pourra influencer le cours des choses. Ainsi que la capacité des familles locales de vivre de leur travail, de s’y sentir bien et de vouloir continuer un métier dur, mais qui leur apporte dignité et respect pour eux-mêmes et leur environnement. Ce sont, à ce jour, les meilleurs défenseurs de leur propre cause. »


Gaston se félicite encore de l’opportunité de pouvoir collaborer avec The Body Shop.

Il n’a pas choisi la voie la plus facile, car les normes en matière de commerce équitable sont drastiques.


Tout cela au milieu de ces marchés mondiaux qui ont perdu la tête et dont le seul objectif est de faire de l’argent à court terme…


C’est justement une authentique alternative que propose une entreprise internationale telle que The Body Shop : donner du temps au temps pour établir des relations humaines durables, faire des prévisions, mettre en place des projets à long terme, en suivre les processus et les conséquences, en tirer les bilans et établir des eco-business models exemplaires qui fonctionnent, en tout transparence pour l’ensemble des acteurs de la chaine, du producteur au consommateur final.


Infatigable, tel l’Abeille ou l’Agouti, Gaston trouve encore le temps et les ressources pour s’impliquer dans les travaux de diverses initiatives équitables sous les auspices de l’IFAT, du FTF Usa, de l’UETB, etc… Passion, quand tu nous tiens…



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7 commentaires sur “Qui est Gaston Vizcarra ?”

  1. [...] Pour en savoir plus sur la noix du Brésil, rencontrez Gaston Vizcarra. [...]

  2. [...] que le sort de Gaston et de ses castaneros me paraisse aussi important que celui de ma [...]

  3. Catherine WENDELL Cath dit :

    @ Nino : oui ! il fallait y penser, dénicher autant de trésors dans une noix aussi ingrate au plan purement esthétique. Mais la curiosité de l’humain est sans limites, pour le pire parfois, mais aussi pour le meilleur…
    Merci pour ton compliment, il me touche beaucoup.

  4. Sophie KUNE Sophie KUNE dit :

    Les filles, écoutez la vidéo.
    Elle permet de mettre la parole de Gaston sur les mots de Catherine.

  5. hell62 dit :

    joli portrait très interessant :)

  6. nino19 dit :

    Sophie a raison…Tu nous a embarqué dans une jolie balade…j’aime beaucoup ta façon de décrire cette très jolie rencontre. un homme ayant une vie fort passionnante en tous cas. c’est vrai que l’aspect de cette noix d’Amazonie est pas bien agréable au premier abord. Pour ce qui est des enfants et du bien être de la planète, ma fille a fait tout une année de ce1 en étant sensibilisé. elle m’en a appris des choses, et réciproquement…..en tous cas quel joli partenariat entre cette marque européenne et ces familles…..espérons que le commerce équitable se répande de plus en plus. Merçi adorable Catherine.

  7. Sophie KUNE Sophie KUNE dit :

    Quel plaisir cette rencontre. Je dirai même, quel moment rare.
    Merci Catherine de si bien le relater.
    On se croirait presque aux côtés de Gaston.

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