Renaissance : Patyka relookée, repensée, reformulée, repackagée
Patyka était une marque discrète malgré ses bidons de plastique à moitié fluos, avec des adeptes solidement accrochés à son positionnement bio, accessible et éthique.
Imaginez le challenge de la transformer en une marque luxe-chic au design épuré tout en conservant son ADN !
Alors pari réussi ?
Née en 2004, reboostée en 2006 grâce au lancement des premiers parfums bio qui entrent alors dans son histoire comme un de ses principaux savoirs faire, la marque est vendue par son créateur à Cyril Jamot en 2009, un spécialiste du marketing mix (travail du produit à travers sa distribution, prix, emballage et communication), ancien de chez Rochas et Gucci parfums.
Il connaît les valeurs de Patyka et décide de reprendre son développement global tout en conservant son identité, un peu comme quand on refait tout l’intérieur d’un immeuble en conservant la façade classée : un exercice périlleux.
Pas né de la dernière pluie, et fort de ses expériences passées l’ayant mené à lancer des milliers de produits cosmétiques et à travailler avec pleins d’équipes différentes, il frappe fort.
Et fait de la reprise des valeurs éthiques de la marque une expérience personnelle qu’il veut en phase avec ses valeurs personnelles.
Ca s’appelle l’engagement.
Et que je te refonde le concept et l’image, et que je te fouille les formules bio, et que je fasse ressurgir l’âme de la marque (en hongrois Patyka veut dire « apothicaire »), et que je monte une team de beauty-trotters chargés de dégoter des actifs et des recettes oubliées, et que je te ponde un design de folie, et que je m’arrache les cheveux sur des packs modernisées pour protéger les soins en étant éco responsables… voilà comment le Patyka (et le Cyril) nouveaux sont arrivés !

Patyka aujourd’hui
Le pitch : La quête de la Beauté Remarquable par des formulations exigeantes.
Le but unique de Patyka est de révéler la beauté de chaque femme grâce à un juste équilibre entre plaisir, innovation et efficacité tout en affirmant sa propre sensibilité éthique et environnementale. C’est cela que Patyka appelle “la beauté remarquable”. Se sentir belle et se faire plaisir tout en étant responsable. Pour que chaque femme exprime sa volonté de vie, son désir d’expériences, son envie d’absolu.
Blablabli, blablabla, me direz-vous. (Moi ma volonté de vie s’exprime rarement via une crème) MAIS le truc est (vraiment) bien ficelé et, plus rare, vrai.
Dans le sens où il y a des vrais gens avec des vrais sentiments, pas forcément animés par une dévorante envie de faire du fric via des études marketing démentes.
En fait d’études, il n’y en a tout simplement pas.
Je ne parle pas de tests produits, mais d’études marketing pour savoir si le produit va se vendre ou pas.
D’ailleurs, chose rare dans les petites maisons, le labo a « no limit » côté prix quand il crée une formule, d’où les ingrédients de qualité.
Côté produits, bienvenue dans l’univers du Bio-Organique c’est-à-dire à plein d’extraits et de principes actifs bio qui vivent les uns avec les autres dans le flacon et entrent ensuite en synergie avec la peau.
Absolis : des soins quotidiens pour le visage et le corps orientés plaisir, textures et parfums pour une vibration corporelle toute sensorielle…
Au programme pour le visage, deux lignes de 3 produits pour nettoyer, tonifier et hydrater (une peau mixte et une peau sèche).
Et pour le corps, 5 gels douche délicieux et riches ( 29€), dans des flacons à la forme inchangée, ouf, un point d’ancrage !
Ainsi que 3 hydratants (1 crème et 2 laits (35€) et “my chouchous de l’univers” : le duo d’huiles. Une corps (45€) et une, mythique visage et corps, j’ai nommée l’Huile Absolue (45€), dont on peut se servir comme sérum, comme soin cheveux sur les pointes, comme produit SOS sur les zones sèches…. Bon elle sent un peu la crème à l’arnica mais composée de 11 huiles essentielles et végétales, il serait dur d’en être autrement pour du bio.
Biokaliftin, la seconde gamme, est experte et technique. Ils ont mis toutes leurs découvertes technologiques dedans. Anti-âge, elle concentre un hexapeptide (vouivoui) qui agit sur la fermeté et l’élasticité, des polysacharides d’avoine à l’effet tenseur et de l’acide hyaluronique pour l’hydratation et le fini velouté. Les produits : un démaquillant, une crème visage dans un pot airless qui distribue la crème par pression du doigt (trop canon !). Pas de pompe, pas de gaz, un effet mécanique simple et une présentation qui fait très classe ! Ensuite, un élixir nuit (69€), un contour des yeux (49€) qui fait beaucoup parler de lui et un masque gommant éclat (59€) que j’aime beaucoup beaucoup (même si ça fait toujours bizarre de faire un masque et ensuite de gommer avec, on a l’impression qu’on enlève la peau alors qu’elle vient de profiter).
Bientôt le retour d’une gamme famille accessible comme l’étaient à l’origine les bidons jaunes à quelques euros, « Ecoloco by Patyka » façon « le bio accessible à tous », et le retour des parfums très bientôt.
L’engagement 360°
La liste est longue alors pour aller droit au but : processus de Supply Chain répondants aux normes GMP Pharmacie, certifications Cosmébio et Ecocert, participation à « One Voice » garantissant que les produits ne sont pas testés sur les animaux, au programme « 1% For the Planet » par lequel 1% du chiffre d’affaires est reversé à des organismes environnementaux. Engagement social via des actions aux côtés d’Amnesty Internationale, en établissant une collaboration à long terme avec les fournisseurs et en ayant tout bonnement re-localisé toute la production en Europe et en France. Et toujours plus de responsabilité écologique : engagement à minimiser l’empreinte carbone des produits, à minimiser la matière et optimiser la chaîne de recyclage. (Les packaging, réalisés sans cellulose tiennent par pliage sans aucun point de colle et se déplient façon origami, dévoilant la notice imprimée au verso.)
Bref, la totale !
On trouve Patyka :
En Grands magasins, et Au Bon Marché.
En ligne sur le site de la marque, sur cosmaterra, et sur mademoiselle bio.
Anne Thoumieux : Bonjour Cyril, alors 3 mois après le lancement, comment se porte le bébé ?
Cyril Jamot : Bien ! Le bébé plait dans le sens où les clientes historiques de la marque ne sont pas parties. Les points de vente (Printemps, Nopeg rue d’Argout à Paris) nous le disent, pareil sur Cosmaterra, un site revendeur fidèle de Patyka : la transition s’est faite. C’est que l’ADN a été bien préservée, réinventé et amélioré, c’était un but primordial. Maintenant nous sommes en conquête de nouvelles clientes de la marque, pas forcément adeptes du bio mais exigeantes, qui cherchent de la qualité moins marketé que ce que l’on trouve aujourd’hui. De jolis produits bien faits et chics. Bref, on n’impose pas la marque, on laisse les consommatrices se l’approprier.
AT : Quelle est ta plus grande satisfaction, ta vraie fierté ?
C J : Que l’équipe historique soit restée, qu’ils n’aient pas eu l’impression qu’on leur a volé leur marque, même si on s’est fait très plaisir. C’est la difficulté quand on reprend une entreprise : perdre son âme. L’autre chose qui me fait vibrer c’est l’envie qu’ont les gens de posséder nos produits. Et les retours qu’on a eu des blogueuses. On voulait qu’elles écrivent uniquement après les avoir testés. On a vraiment bossé sur le « joli et efficace dedans et dehors ».
AT : Raconte moi un peu, elle s’exprime où ton âme d’enfant dans tout ça ?
CJ : Quand je vois les produits sur les rayons, c’est comme de passer du virtuel au réel, c’est magique. Quand je les regarde, j’ai presque envie de pleurer. J’ai toujours le cœur serré d’émotion. Avec une petite pointe d’angoisse aussi: je regarde qui va s’en approcher… la marque arrive à un stade où c’est comme un enfant à la première maternelle : il t’échappe et tu dois le laisser partir. Mais avec un accompagnement. Il ne t’appartient plus, tu perds le contrôle sur cette chose que tu as créée, tout en en ayant la responsabilité. De toute façon, c’est toujours ton bébé le plus beau du monde, hein…
AT : Next step ?
CJ : Les parfums! Patyka a été la première marque de parfums bio et on les relancera au premier semestre 2011. On prépare aussi pour le second semestre, un vrai beau parfum féminin…pas dans une logique de parfum bio mais de grande parfumerie traditionnelle à la française. J’ai hâte !
AT : Quelle sont les marques qui t’inspirent ?
CJ : Je suis fan de marques de créateur. Pour les parfums, Frédéric Malle et Serge Lutens, voir Prada. Ils gardent la créativité avec innovation et technologie. Quand on est dépendant de groupes financiers, c’est difficile mais chez eux, la volonté créative est toujours là. Chanel est un exemple pour la cohérence totale de l’image de marque et la recherche. Ils attendent toujours de connaître quelque chose avant de le faire, ils ne lancent pas de produits par opportunisme. Ils lancent après de longs investissements en R&D. Même pour la joaillerie, ils aiment avoir des savoirs faire intégré, comme chez Hermès. Sauf que chez Hermès, la valorisation de la matière est une tradition. On n’est pas dans un luxe bling, le luxe est intériorisé. Ca c’est mon modèle ! Accéder au statut de marque vintage est un luxe de « développement durable » : à mon sens une fois qu’on a ce statut de marque vintage, on devient presque intemporel. C’est ce que je souhaite à Patyka.
AT : Et bien nous aussi !