On la sait créatrice de tricots en maille, d’une mode féminine urbaine et libérée, passionnée par le rouge, par l’art contemporain, et par les mots.
Elle dit d’eux : ” qu’ils sauvent, qu’ils ouvrent, qu’ils questionnent, qu’ils s’effacent”*.
Lorsqu’elle habille la femme, elle s’amuse avec elles.
Elle leur imagine un univers parfumé selon l’humeur, sexué grâce à sa fameuse broche en lèvres rouges et ses sex toys qui ont fait à l’époque un véritable carton.
Puis elle les dessine et cela on ne le savait pas.
En fait, on pensait bien que comme toute styliste qui se respecte, elle se devait de poser des croquis pour supporter ses créations mais la femme telle qu’elle nous est présentée chez Catherine Houard, on la découvre…Un peu comme si l’on pénétrait dans la réserve d’un sublime Musée.
La pièce qui garde au fond d’elle de fabuleux trésors qu’elle nous confie de temps en temps, quand elle le souhaite.
Posons-nous à présent sur ces dessins.
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Cette femme dont je parle , elle est chacune de nous, unique et multiple à la fois.
Elles ressemblent à nos mères, nos soeurs, nos cousines, nos ennemies aussi.
Je dis qu’elles leur ressemble et pourtant, on ne sait pas très bien qui elles sont tant le trait est abstrait, juste esquissé, posé là comme une personne qui prendrait vie tout simplement, sans en faire trop.
La couleur en plus.
Elles sortent de partout, de ses carnets privés, de ses tiroirs, de ses boîtes à trésors…
Et elles racontent nos vies.
Parfois de façon tendre (la couleur est alors pastellisée et légère), parfois avec gaieté (les couleurs sont plus franches, comme un arc en ciel), parfois elles ressemblent à des poules en coquelicot (on devine un œil, un sac, une jambe).
J’observe le grain de papier et les matières choisies pour dessiner, tantôt des pastels, tantôt des feutres Pantone. Tiens, je crois reconnaître une pastille de rouge à lèvres franchement rouge pour illustrer les yeux de l’une de ses créatures.
C’est simple, Sonia doit esquisser avec ce qu’elle a sous la main, de façon compulsive.
Il ne reste qu’une solution pour le savoir, partir à la rencontre de ces femmes contemporaines et ressortir de la galerie située non loin de la boutique de Sonia en ayant passé un sacré bon moment, j’en suis certaine.
« Sonia Rykiel dessine… », exposition-vente du 4 juin au 24 juillet à la galerie Catherine Houard. 15, rue Saint-Benoît- 75006 Paris
*« Les lèvres rouges », Sonia Rykiel, Editions Grasset 1996, page 11.
@ TheCélinette : Je trouve que cela parle beaucoup d’elle.
Et cela en dit aussi beaucoup sur sa vision de la femme.
C’est une bonne idée de voir aussi une créatrice en dessin ( et pas seulement en création)
Merci pour cette information, ça me donne très envie d’y aller.