Beautés volées est le premier roman de Mara Lee, jeune auteure vivant à Stockholm. L’origine géographique de cette dernière était prometteuse : après le succès phénoménal ces derniers mois de Millénium et de la Princesse des glaces, la Suède a le vent en poupe.
Dans ce roman, trois belles femmes (Laura, Léa et Mia), travaillant dans le milieu artistique, décident de se venger de Siri/Iris, au prénom miroir tel un négatif.
Siri/Iris, talentueuse photographe qui leur a, selon elles, volé leur image.
Ce livre, par certains aspects, le plus évident étant le motif de la vengeance, se présente comme un polar.
Cinq cents pages préparent le procès de Siri.
L’écriture, distante et froide, croise le destin de ces femmes et mêle voyages temporels et géographiques.
Mais le mobile de la vengeance se révèle bien confus. Qu’a dérobé Siri à ces trois femmes ?
Elle a photographié Léa, la galeriste, dans des postures obscènes mais sans aucunement la contraindre.
Laura, la poétesse, fut son amante. Siri l’a simplement quittée.
Quant à Mia, la danseuse et modèle, elle a assisté enfant à l’accident de son amie, durant une séance photos de Siri.
Tout cela justifie-t-il une vengeance ? En fait, rien ne semble la motiver et c’est certainement la raison pour laquelle elle retombe comme un soufflet trop cuit.
En outre, qu’en est-il de la beauté ?
Certes les personnages principaux sont splendides.
Ces femmes attirent les regards et usent de leurs charmes pour séduire de jeunes hommes. Voilà un premier cliché : ce sont des femmes couguar, tellement dans l’air du temps !
De fait, ce livre regorge de stéréotypes : il y a de façon très manichéenne, les gentilles et la méchante. Mais Siri est-elle si méchante, elle qui n’a fait qu’appuyer sur l’obturateur sans assujettir personne ?
Sont-elles si gentilles celles qui jouissent de se voir photographiées mais qui fomentent tout de même une vengeance injustifiée ?
La beauté est par ailleurs malsaine : elle naît de la douleur et trouve son apothéose quand Laura s’immole par le feu sous l’objectif de Siri.
Elle est également pervertie : Léa, brûlée et défigurée se dit heureuse et apaisée du fait de sa laideur. Quelle jolie fille trouverait le bonheur dans l’horreur ?
Ajoutons à cela des longueurs inutiles, sans aucun intérêt dramatique, comme les longues pages qui racontent les nuits de Laura occupée à écouter son imprimante cracher des feuilles et des scènes d’onanisme répétées qui ne font pas progresser l’action.
Vous comprendrez donc que ces cinq cents pages ne sont qu’une longue masturbation intellectuelle sans aucun lien avec la beauté, qu’elle soit physique, psychologique ou littéraire.
Beautés volées de Mara Lee, Albin Michel, 22€.
Par Laure Merle Des Isles
Bienvenue Loïc et merci pour ton commentaire.
Je souhaite juste préciser que je ne suis pas journaliste. Je suis simplement une lectrice passionnée, une dévoreuse inassouvie de livres.
Bonjour,
La structure de cette critique annonce un bien mauvaise ouvrage.
On comprend bien que la journaliste a pris le temps de faire une lecture analytique de l’oeuvre dans son intégralité.
Le résultat argumenté de cette analyse nous offre malgré tout la liberté de perdre notre temps à nous confondre dans ces quelques 500 pages.
Cette oeuvre de femme parlant de femme critiquée par une femme est finalement le seul intéret : la mise en avant de la femme.
Merci